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Montreuil, Mona, Didier Jeunesse, les libraires et moi

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J’avais envie de vous raconter une petite histoire, une histoire avec plein de choses dedans, dont une petite morale à la fin, enfin une pas relou qui fait du bien…

Il y a quelques années, j’ai commencé mon IUT Métiers du livre. Je me destinais à la librairie, ou l’édition je ne savais pas très bien. Et puis j’ai « fait mon premier Montreuil », le salon du livre jeunesse j’entends. 1 semaine debout derrière un stand, mes copines disséminées dans les allées, de l’espoir plein les poches et de l’admiration plein les yeux. On m’a attribué le stand Didier Jeunesse. A ce moment-là, j’aimais déjà bien la jeunesse mais je ne connaissais pas cet éditeur, que j’ai pu découvrir. Les livres-disques à la belle musique qui plait même aux adultes, les albums si drôles et bien illustrés, et souvent même très poétiques. Les yeux mouillés en en lisant certains entre deux clients. Une équipe éditoriale (qui semble toujours la même aujourd’hui) enjouée, drôle et passionnée.

A l’issue de ce salon, je me suis jurée que le jour où j’aurais des enfants, j’achèterai des albums Didier Jeunesse. Et puis je suis retournée à mon quotidien d’étudiante, je faisais des stages en éditions, des petits boulots en librairie… Puis vint l’heure de chercher du boulot, et la filière édition a fermé ses portes. Des stages oui, des jobs non. J’ai fait des petit boulots dans les fringues, en attendant de trouver mieux, et j’ai décroché le Saint-Graal de la librairie. Une librairie indépendante, généraliste avec un bon rayon jeunesse, très belle avec de grandes vitrines, et une clientèle sympa et fidèle.

Quand j’y suis arrivée, j’ai repensé à Didier Jeunesse, j’ai commandé quelques livres, j’ai sympathisé avec le représentant, j’ai mis des albums en vitrine, j’ai organisé des dédicaces… Mais surtout, j’ai vendu ces livres à des clients séduits, j’ai raconté les histoires à des enfants passionnés, j’ai transmis une émotion qui m’avait moi-même submergée à la première lecture.

Et puis j’ai eu Mona. J’ai quitté la librairie pour l’édition. Et par la même occasion, je me suis mise dans la peau de mes clients et je suis retournée en librairie acheter des livres. Mon dieu que c’est bon. J’ai acheté un peu pour moi, beaucoup pour Mona. Le passage incontournable de notre balade dominicale (moi qui avait tant râlé de devoir bosser le dimanche). Dès qu’elle a su s’assoir, Mona se mettait dans le rayon et farfouillait un peu sous surveillance évidemment. (Je n’allais pas être de ces parents qui laissaient leurs gosses retourner un rayon, après lesquels j’ai tant fulminé). Mona a pris goût à ces lieux de vie un peu calmes, au fait de bouquiner un peu puis de choisir un petit livre qu’on lirait au café ensuite, 10 fois, puis le soir au coucher.

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J’ai acheté Mon arbre, elle avait 8 mois et elle a adoré. Je lui ai montré Attends et Les Petits Pains aux nuages que j’avais déjà. Elle a écouté les Berceuses Jazz, les Comptines et berceuses russes et les Berceuses classiques. Et récemment elle a eu un vrai coup de coeur pour La Soupe aux pois.

Et cet été dans une librairie à Nice, au rayon jeunesse elle s’est précipitée sur Nina à la crèche, un livre-cd (sa nouvelle passion) qu’elle connaissait de la crèche justement. On l’a écouté 50 fois voire 100.

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Hier j’ai emmené Mona au Salon de Montreuil, en fin de journée. Son papa y travaillait, on avait envie de lui faire un coucou. J’avais un peu peur qu’elle soit très énervée par la chaleur, la profusion de livres, la foule… Elle était comme un poisson dans l’eau. Et puis on est tombé sur le stand Didier jeunesse. Mona m’a crié « oh regarde Maman, c’est le même! et ça aussi c’est le même! » Elle est allée vers le lecteur et a écouté plein de chansons qu’elle ne connaissait pas, en regardant les livres. On a entendu de la musique, pour de vrai, un concert de musique tsigane se terminait, Mona applaudissait fascinée.

Après avoir passé 20 min sur le stand, on a acheté un nouveau Bulle et Bob, et on a continué notre balade. Mona m’a dit merci pour ce nouveau livre, elle tenait fort son sac. En rentrant, vite on l’écoutera en regardant l’album, pour la 1ère fois, avant des dizaines d’autres à venir.

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Alors la morale c’est quoi? C’est que si j’achetais mes livres sur Amaprout je ne connaitrais même pas Didier Jeunesse. Je n’écouterais pas la jolie histoire qui fait envie, que le libraire me raconte. Je n’aurais aucune émotion en cliquant sur « acheter ». J’aurais peut-être un vague moment d’excitation en trouvant le paquet dans ma boîte aux lettres, mais une fois ouvert il serait vite passé. Je poserais le livre, puis je l’oublierais. Je n’aurais pas pu admirer la belle vitrine de mon libraire, puis ri en feuilletant un autre album, eu faim en regardant les livres de cuisine, eu envie de lire sous la couette en choisissant un roman pour moi en me basant sur les petits mots « coup de coeur » de mon libraire. Et vous savez quoi, j’aurais payé le même prix qu’en librairie, parce qu’à plus ou moins 5% (jamais plus) le livre est vendu au même prix partout. Pourtant j’aurais raté ces petits bonus qui font du bien… et surtout j’aurais privé ma fille de flâner en librairie, parce qu’elle y prend goût elle aussi, et ça, ça n’a pas de prix.

Voilà c’est dit, je ne suis plus libraire, mais I love mon Libraire et Mona aussi. (Et We love Didier jeunesse aussi!)

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©woodcampers

Parce que chez lui, c’est pas plus cher,

J’achète mes livres chez mon libraire !

P.S. : Ce post n’est pas sponsorisé Didier jeunesse, c’était juste le pur partage d’une passion!

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