7.01.15

Ce matin j’avais prévu de vous parler d’un nouveau livre coup de cœur pour Mona, de sa cuisine fabuleuse, de mes envies pour les soldes… Ce matin j’aurais préféré vous parler de ça, mais la futilité a été frappé de plein fouet par l’horreur. Alors ce matin je laisse tout ça de côté pour exprimer ma tristesse. Et mes peurs. Et mes souhaits.

Hier était une de ces journées dont on se rappelle toute notre vie, au même titre qu’un 11 septembre ou un tsunami. On se lève on vit et d’un coup on apprend. On arrête ce que l’on est en train de faire et on encaisse ce qu’on entend, l’air incrédule. Hier je gardais Mona, ce devait être une journée douce, ce n’est que pendant sa sieste que j’ai pu me poser un peu, et réaliser. Réaliser que des gens sont morts pour avoir dessiné, pour avoir ri de tout, pour avoir poussé la liberté d’expression jusqu’au bout, histoire d’être bien sûrs qu’elle était réelle et bien présente dans notre pays et que personne n’y toucherait. Ils étaient menacés certes, mais on n’imaginait pas que ça tournerait comme ça, on se cachait sous des « non ils ne vont pas faire ça quand même ».
Et puis réaliser l’ampleur de l’acte, les conséquences sur les Français, et avoir peur. Pas peur des terroristes ça non, mais peur de nous surtout. Peur de l’amalgame, de la récupération politique, d’entendre des propos odieux contre la différence et le reste. Peur de 2017. Peur du quotidien à Paris sous plan vigipirate, peur de l’ambiance étouffante, de ces policiers et militaires partout, des gros titres qui effraient plus qu’ils ne racontent…

Mona a 2 ans et demi, une innocence totale, aucun préjugé envers les autres. Pour elle la différence n’existe pas, si ce n’est peut-être les filles / les garçons, les porteurs de couche / les non-porteurs de couche. Mona est copine avec Mila qui est orthodoxe, Ibrahim qui est musulman, Lison qui est protestante, Albane et Soline qui sont catholiques.

Je lui souhaite de garder son esprit sans préjugé, ouvert, tolérant, solidaire et surtout libre et je sais que nous, ses parents, l’accompagneront dans le respect de ces valeurs qui nous sont chères. J’aimerais aussi qu’elle garde sa confiance en l’humain, le jour où elle perdra la naïveté de l’enfance. Mais pour ça il faudra que moi aussi je continue de croire fort en l’humain.

Je souhaite que nous restions tous soudés, pas juste pour 2 jours sous le coup du drame, mais pour les mois et les années à venir, pour l’avenir de notre démocratie, et celui de nos enfants.

Je vous serre fort…

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