Quitter Paris pour Bordeaux : 3 mois après

Déjà 3 mois que nous avons quitté Paris pour Bordeaux ! 3 mois de découvertes de bonheurs, d’émotions fortes post-déménagement, en tous genres. 3 mois d’adaptation, de tâtonnements, d’installation. J’avais envie de laisser un petit bilan des premières semaines de notre changement de vie ici…

Réaliser que la vie a changé

On est arrivé ici en plein été, on s’est installé en même temps que l’on bossait toujours, sans les filles. Ensuite c’était les vacances, plein de copains sont passés : on avait du mal à réaliser que l’on avait changé de vie, que Bordeaux, cet appartement, c’était chez nous. J’avais un peu l’impression d’être en vacances dans un super Airbnb.
Et puis j’ai loué une voiture pour aller à Biarritz seule avec les filles, le truc de dingue que je ne faisais jamais ou du moins pas comme ça. On a ramené un petit chat, et puis l’école a commencé et on s’est remis à bosser.
Petit à petit j’ai eu des grands moments d’arrêt sur image au quotidien, et des grosses bouffées de bonheur : purée c’est ça notre vie maintenant ? Si cool, si simple, si slow par rapport à avant ? Oui c’est ça notre nouvelle vie. Une vie sans transports, sans l’agression quotidienne et l’épuisement qui va avec. Une vie où à 18h on est tous ensemble. Une vie où presque rien n’est impossible et où on ne court qu’occasionnellement.

Découvrir une nouvelle ville

Découvrir la ville pour Antoine et les filles, la redécouvrir pour moi. Découvrir la chaleur de l’été qui se prolonge plus longtemps ici.
Découvrir les commerces, les restaus, les nouvelles balades, les parcs, les rues.
Découvrir c’est souvent comparer aussi au début : tiens ici la lumière est comme ça, le soleil se lève plus tard, mais se couche plus tard aussi.
Ici il pleut d’un coup, beaucoup et quelques minutes après c’est grand soleil. Ici les gens sont plus gentils et moins pressés. Du coup on doit aussi être plus gentils et moins pressés et ça, ce n’est pas si simple !

Habiter un nouveau chez nous

Au début quand on s’appelait dans l’appartement, on ne s’entendait pas. 3 mois plus tard on a appris à appeler plus fort ! On monte et on descend les escaliers bien des fois dans la journée, parce qu’on oublie toujours quelque chose là-haut.
On a fini de vider les cartons, on commence à bien savoir où sont rangées les affaires.
On a pris nos marques dans l’appartement et je m’y sens bien. Moi qui ai souvent peur le soir et la nuit, ici je me sens en sécurité, même quand je suis seule avec les filles.
On commence enfin à réaliser que c’est bien chez nous, pour quelques temps, et que non, ce n’est pas un appartement de vacances. On se régale de l’espace et les week-ends pluvieux ne font plus nous sentir comme des lions en cage.
Je savoure le fait d’avoir des placards et des rangements, et enfin des pièces à vivre qui ne sont plus sens dessus dessous.
On apprend à ranger tous ensemble, à mettre les filles à contribution pour maintenir ce lieu de vie propre et agréable. Car qui dit plus grand, dit plus de ménage et de travail au quotidien, surtout quand on habite le lieu tous les jours, toute la journée, et qu’on accueille un chat.

Trouver des nouvelles habitudes à Bordeaux

Un déménagement, c’est aussi changer toutes ses habitudes : les commerçants, les courses, les médecins, les lieux de rendez-vous, les balades. Moi j’ai beaucoup de mal avec le changement, il me faut toujours un temps d’adaptation, je le sais. J’aime les petites routines du quotidien, sans pour autant avoir un quotidien routinier bien sûr. Mais laisser mes routines c’est toujours un petit abandon.
Au revoir la brioche feuilletée de chez Meunier, le cappuccino dans la salle de pause avec mes collègues, le métro qui sent cette petite odeur de caoutchouc brûlé (que j’aime bien), le marché et le café sur la place le samedi matin. Au revoir le boucher tatoué canon, le fromager adorable, mon généraliste si gentil, le petit tour à la librairie juste à côté.

A la place, il y a le café le matin avec les copines, la brioche suisse à la confiture de chez Zürcher, l’apéro square après l’école, la « glace vanille chantilly avec une cuillère bleue » place Saint Pierre. Il y a le cappuccino devant l’ordi avec le chat qui ronronne et la pause déj en amoureux…

Après les dernières fois, les premières fois

Elle le dit bien Muriel Ighmouracène (Mère Bordel) dans son livre J’arrête de vivre à Paris, elles sont rudes les dernières fois qui fendent le cœur.
Le dernier pique-nique, le dernier anniversaire avec ces copains-là ou tu te retrouves à chialer dans la cuisine en posant les bougies sur le gâteau des gosses. Le dernier verre sur la place, le dernier tour dans l’appartement vide, les adieux aux commerçants, aux parents d’élèves, à la gardienne, à la voisine, les au revoir aux amis, à la nounou.
Et puis le trajet en TGV, à plus de 300 km/H vers ta nouvelle vie.
Et puis la porte qui s’ouvre, les meubles qui montent, les cartons qui s’empilent puis se vident.
La première nuit, le premier petit déj sur la terrasse, la première fois que tu fais l’amour, le premier apéro, le premier tour en ville, le premier restau, le premier bain, la première fois à l’océan, les premiers copains qui passent, le premier barbecue, le premier jour de pluie et bientôt le premier feu de cheminée, le premier anniversaire, le premier Noël…
Elles se savourent ces premières fois, elles viennent combler les brèches des dernières fois douloureuses.

Et pour les filles, ça s’est passé comment le déménagement ?

Les filles ont globalement très bien vécu ce changement de vie. Je crois que c’est leur réaction qui m’inquiétait le plus dans ce déménagement mais finalement c’était comme sur des roulettes. Après 2 semaines de vacances chez leurs grands-parents, elles ont adoré découvrir leur nouvelle chambre et l’appartement leur plait beaucoup.
Elles ont gagné en liberté ici, de mouvement dans les rues, de bruit dans l’appartement bien isolé. Elles ont vite compris qu’on pouvait aller voir l’océan et ça, ça n’a pas de prix.

Pour Matilda c’est
vraiment le plus facile. J’avais peur que ce soit dur de quitter sa nounou,
mais elle est tellement contente à l’école. Elle a très bien compris :
avant on habitait à Paris, maintenant on habite à Bordeaux.

Pour Mona on sent que c’est parfois moins simple mais de manière général, elle est contente. Le matin de la rentrée était difficile, mais très vite elle s’est fait des copines. Régulièrement ses copines de Paris lui manquent. On essaie de les appeler, de maintenir un lien, de faire des cartes… Malgré tout elle est super bien dans ses baskets, elle ne rechigne plus sur le chemin de l’école, elle fait du vélo facilement, elle qui adore ça… et puis elle a un chat, et ça, ça fait totalement passer la pilule du déménagement.

Et le boulot à Bordeaux, quoi de neuf ?

Pour Mr. le changement n’est pas trop grand, il passe juste plus de temps au téléphone et fait des allers-retours réguliers à Paris.
Pour moi c’est un peu le grand saut. J’ai quitté mes collègues et une entreprise que j’aimais beaucoup. Mais c’est pour la bonne cause puisque je monte ma propre boîte : une agence de communication digitale.
Nous avons un bureau commun dans notre appartement et nous travaillons côte à côte. Non, ça ne nous gêne pas, bien au contraire on est super contents, mais je sais que ça interroge beaucoup notre entourage ou les gens que l’on croise !

Quitter les amis, se faire des copains

Je crois que c’est le plus dur dans ce déménagement : quitter les amis parisiens. La plupart de nos plus proches amis, ainsi que ma sœur et le frère de Mr. sont à Paris.
Avec certains, on s’appelait en dernière minute et on se calait une soirée improvisée. Avec d’autres on faisait des grands diners chez nous, bien cuisinés dans notre minuscule cuisine. Le lendemain il y avait beaucoup de bouteilles à descendre au container. Avec les copines, on se calait une date longtemps avant pour être sûres de regrouper tout le monde, et puis c’était hammam, cocktails et restau italien. Il y avait aussi les brunchs, les apéros, les goûters au parc. On retrouvait aussi facilement les copains qui n’habitent pas Paris mais qui y passent régulièrement et que l’on arrivait toujours à voir facilement.
En choisissant de quitter Paris, on ne les voit plus autant qu’avant, mais on a l’avantage d’y passer régulièrement donc de pouvoir combler un peu le manque. On en profite en mode stage intensif, quand ils viennent passer le week-end chez nous.
Heureusement, on a aussi quelques copains et copines ici, on n’est pas isolés, on fait plus ample connaissance, ils nous font rencontrer de nouvelles personnes et ça c’est chouette aussi !

Quitter Paris :
émotionnellement pas si simple

On a rêvé de ce départ durant plus de 4 ans, mais je ne vous cache pas que même si un tel projet nous faisait trépigner d’impatience et qu’un tel changement de vie présente bien des avantages, il n’en reste pas moins douloureux.
Quitter Paris, cette partie de notre vie, la proximité des amis, les collègues qu’on apprécie est un vrai deuil. Je sous-estimais totalement (en ce qui me concerne) la charge émotionnelle qui allait avec.
Le premier retour à Paris en septembre n’a pas été simple, mais j’ai « accueilli » (comme dit Clotilde dans le podcast « Change ma vie ») mes émotions négatives comme il se doit.
J’essaie de vivre le plus intensément aussi toutes les émotions positives que m’envoie ce changement, dès qu’elles se présentent. La bonne nouvelle c’est qu’elles sont de plus en plus nombreuses.

Le bilan 3 mois après
notre départ de Paris et notre arrivée à Bordeaux

 Ça y est, notre appartement est bien installé (même s’il reste des petites choses à y faire), tous les cartons vidés et je m’y sens vraiment « chez nous ». On a trouvé nos petites habitudes de quartier, les nouveaux commerces, les petites routines café du matin ou goûter au parc. Notre rythme est beaucoup plus cool, même si on ne bosse pas forcément moins. En ce qui me concerne j’ai gagné 2h de temps par jour, que je passais avant dans les transports et ça change tout. Je suis moins agacée, irritable, fatiguée.
Les filles vont bien, ça fait plaisir à voir, on voit qu’elles aussi intègrent de nouvelles habitudes. Beaucoup de choses sont plus simples : aller se balader, faire des courses en suivant nos valeurs, se déplacer, sortir le soir… On voit beaucoup plus les filles, elles ne me manquent plus comme avant. On a beaucoup de temps qualitatif tous ensemble et ça c’est un vrai plaisir. J’apprécie aussi beaucoup mes virées à Paris seule, qui sont de vraies bouffées d’air. On trouve petit à petit l’équilibre que l’on cherchait depuis longtemps, tout simplement.

Je crois que s’il n’y a qu’une chose à retenir de ces 3 derniers mois, c’est qu’on a retrouvé une énergie que l’on avait perdue depuis longtemps, remplacée par la flemme de bouger de chez soi tant ça nous était pénible (et pourtant on se mettait des coups de pieds aux fesses). Aujourd’hui on retrouve l’envie : d’aller en balade, de sortir le soir, de faire du sport, de prendre soin de notre maison…
Il n’y a rien de parfait dans la vie, et chaque changement et choix implique l’abandon d’autres choses. Mais je crois que nous avons fait le bon choix, celui de ralentir notre quotidien et de gagner en qualité de vie pour toute la famille.

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11 comments on “Quitter Paris pour Bordeaux : 3 mois après

  1. Angie
    28 octobre 2019 at 17 h 38 min

    Très beau texte ❤

  2. Audrey
    29 octobre 2019 at 7 h 38 min

    Ça fait plaisir à lire et ça donnerait presque envie d’un grand changement

  3. Marie*
    29 octobre 2019 at 8 h 31 min

    Et si il n’y avait pas eu déjà des amis sur place à Bordeaux penses tu que le bilan serait le même?
    Merci pour ton retour

    • mybrouhaha
      29 octobre 2019 at 8 h 42 min

      Je pense que ce serait plus difficile mais que nous aurions tout de même choisie cette ville puisque nous avions pris notre décision avant que les premiers copains s’y installe. Mais c’est sûr, ça ajoute plus de sérénité.

  4. Meugleu
    29 octobre 2019 at 10 h 49 min

    Joli article qui fait se poser des questions quant au rythme de région parisienne. J’avoue que je n’ai jamais su si j’en avais assez envie malgré les témoignages positifs que j’entends partout.
    Merci pour ce partage en tous cas et bonne semaine !

    • mybrouhaha
      4 novembre 2019 at 15 h 49 min

      c’est vraiment dur de se lancer, même quand on a pris la décision d’ailleurs on se demande si c’est vraiment une bonne idée. et puis et puis… on a mis 4 ans, mais on l’a fait !

  5. Aurelia
    29 octobre 2019 at 14 h 12 min

    J’ai quitté le même boucher tatoué de la place il y a peu… Je compatis

    • mybrouhaha
      4 novembre 2019 at 15 h 48 min

      ahahahaha j’adore ce commentaire !! c’est rude hein ! Ecoute ici j’ai trouvé un volailler pas mal ahahah

  6. IdealLand Licorne
    1 novembre 2019 at 14 h 16 min

    Merci de votre témoignage. Perso, j’ai quitté Paris pour Bordeaux….et…a part la proximité de la mer…j’ai les mêmes horaires au travail. Mes enfants font les memes activité. Je dois toujours faire les courses le ménage. Il y a des gens sympas et d’autres moins sympa comme partout. En fait c’est pareil. N’es ce pas un peu idéalisé tout ça ? Je ne crois pas au changement radical d’un coup de baguette magique.

    • mybrouhaha
      4 novembre 2019 at 15 h 47 min

      Alors en ce qui me concerne je n’ai pas seulement quitté Paris pour Bordeaux, j’ai quitté mon travail, pour me mettre à mon compte donc c’est un vrai changement de vie, au-delà d’un changement de ville.
      Notre quotidien a réellement changé, j’ai gagné 2h de transports (quand tout va bien) très désagréable par jour, soit quasiment 1 journée de boulot par semaine. Nous vivons à proximité du centre et nos connaissances sont à 15-20 min max à pied de chez nous. On fait tout à pied, dans un environnement assez piéton (là ou avant nous vivions à proximité d’une porte du périphérique). Donc en ce qui nous concerne notre vie a vraiment changé. Mais evidemment on fait toujours nos courses, le ménage et la lessive. Mais j’ai bien conscience qu’il y a à Bordeaux des gens qui bossent loin de chez eux, qui passent 2h dans les bouchons etc.

  7. Stéphanie
    23 novembre 2019 at 19 h 09 min

    Welcome à Bordeaux…. et puis, nous, nous y avons gagné des ateliers made by you

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